Formation

Une structure comme le Pôle de Santé de Vigneulles est un espace privilégié pour la formation des futurs professionnels de santé. Dès le début de la réflexion, il fut question de la construction ou non d’un studio, de l’utilité ou pas d’une salle de réunion et du coût supplémentaire de ces « plus » dans les loyers des professionnels… Aujourd’hui le doute n’est plus permis, il est de notre devoir de nous investir dans la formation de nos futurs confrères et collègues, des professionnels de santé qui demain seront en charge de la vôtre, de la nôtre…

Les Etudes de Médecine, en France, sont difficilement comparables aux autres disciplines enseignées aujourd’hui à l’Université. D’abord, ce sont des études très longues, au moins une dizaine d’années, correspondant à une formation professionnelle très difficile qui se prolongera bien au-delà du diplôme obtenu.

Ces études nécessitent de nombreux sacrifices personnels dont n’ont, trop souvent, pas conscience les jeunes étudiants sortant du baccalauréat. Chacun doit bien en avoir une vague idée, mais qu’en est-il en réalité ? Apprendre par coeur le corps humain dans tous ses détails, de très nombreuses maladies, leurs symptômes, leurs mécanismes, les examens complémentaires nécessaires aux diagnostics, les traitements; tout cela requiert un énorme effort de travail continu pendant les études de médecine et tout au long de la vie professionnelle.

Ce travail quotidien, intense, pour acquérir le savoir, l’expérience clinique, le savoir-faire technologique est d’autant justifié qu’être médecin entraîne une énorme responsabilité vis-à-vis des patients. Ces études sont intimement associées à un devoir éthique : il faut « savoir », pour qu’il n’y ait pas une perte de chance pour les patients que l’on prend en charge. Ceci impose pendant toute la vie professionnelle, en plus du travail quotidien et souvent des gardes, une formation continue qui fait qu’un médecin reste « étudiant » toute sa vie.

À cela, s’ajoute qu’ils devront parfois à un très jeune âge vivre des expériences humaines parfois très rudes : affronter la mort au plus près, les cadavres, les grabataires, les psychotiques, les déments, entendre les plaintes, les cris de douleur, passer des nuits sans dormir, être écrasé de responsabilités, être pris de doute sur le diagnostic ou le traitement qu’on vient de porter… sans parler des familles, des proches et de l’entourage des patients. Toutes ces épreuves requièrent des qualités morales et psychologiques que tout le monde n’a pas : un équilibre personnel, un goût des contacts humains, de la compassion, un respect des autres, du dévouement, une disponibilité permanente, une remise en cause de soi-même…

Les études de médecine se doivent de participer à une construction et à un accomplissement personnel des étudiants au service des autres. Etre médecin généraliste c’est exercer une spécialité des plus difficile souvent seul. Il est plus que temps de prendre la mesure de l’importance de la transmission ou du partage de savoir faire et de savoir être de cet art qui ne peut se faire que sur le terrain au plus près de nos patients, par ceux qui le pratiquent.