Archives : novembre 2008

France 5

Reportage sur France 5 Télévision diffusé pour la première fois à la rentrée 2006, rediffusé le mardi 25 novembre 2008 à 20h40 sur France 5 toujours.

Ce documentaire de 52 minutes, diffusé le 07 Novembre 2006 sur France 5 à 20h40, puis le jeudi 31 Novembre 2006 sur France 5 à 14h40, rediffusé le 25 Novembre 2008 sur France 5 à 20h40, a été réalisé par Gilles Capelle et produit par France 5/Alizé Productions.

De nombreux généralistes, parmi lesquels Christian Lehmann, auteur de Patients, si vous saviez…(Laffont 2003) et Philippe FAVIER, promoteur du projet Pôle de Santé de Vigneulles, ont répondu aux questions de Gilles Capelle. Ce dernier présente de manière assez…percutante les problèmatiques de la médecine générale aujourd’hui, assez loin des habituels satisfecit des pouvoirs en place.

Ceux qui s’intéressent aux questions de santé et qui sont confrontés à l’aggravation des difficultés d’accès aux soins, en tant que patients, élus ou professionnels de la santé, devraient voir (et enregistrer, et faire voir) ce documentaire qui leur montrera, de l’autre côté du miroir, comment la machine mise en place par la réforme broie les médecins parmis les plus impliqués dans le soin. Loin des théories et des rapports d’experts, on y découvre, sur le terrain, le quotidien de ceux qui tiennent encore, ou qui abandonnent…

Les pharmacies rurales : penser en territoire de santé ?

Fin novembre 2008 la crise financière est l’objet de toutes les conversations depuis quelques semaines. L’assemblée générale de l’Association de pharmacie rurale (APR) ce week-end à Beaune n’a pas fait exception.

Fin novembre 2008 la crise financière est l’objet de toutes les conversations depuis quelques semaines. L’assemblée générale de l’Association de pharmacie rurale (APR) ce week-end à Beaune n’a pas fait exception. Pour le président de l’organisation, Yves Trouillet, interviewé par le Quotidien du pharmacien, la situation économique actuelle a en effet une influence dramatique sur la vie des officines. Elle s’ajoute en effet aux différentes mesures prises ces dernières années (tendant notamment à la baisse des prix et au développement des grands conditionnements) et à la désertification rurale. Pour Yves Trouillet, cette crise pourrait avoir pour effet délétère d’accélérer le changement des règles concernant le capital des pharmacies. « Si ceux qui souhaitent prendre leur retraite ne peuvent pas céder leurs officines parce que ceux qui veulent acheter n’en ont pas les moyens, notamment en raison d’une hausse des crédits bancaires, la profession elle-même demandera l’ouverture du capital », affirme-t-il. Cependant, le président de l’APR admet qu’aujourd’hui les investisseurs (non professionnels de santé) se désintéressent des pharmacies, qui ne jouissent pas actuellement d’une santé financière florissante. La crise, logiquement, semble mettre par ailleurs singulièrement en lumière la nécessité d’une réforme et d’une défense plus active de la pharmacie. Il s’agit notamment d’inscrire les officines dans une politique territoriale globale. « Nous prônons la création de territoires de santé regroupant à la fois une population, des structures médicales et paramédicales, des pharmacies et des professionnels de santé. Il est inimaginable qu’une pharmacie puisse rester toute seule dans son coin, alors que la maison médicale serait dans un autre endroit » analyse Yves Trouillet. Mr Trouillet veut sans doute parler des Maisons et des Pôles de santé, ces structures portées par des équipes pluridisciplinaires dont la volonté première est de pérenniser et d’améliorer l’efficience de l’offre de soins de santé primaires pour les usagers d’un territoire…

Le modèle français : à ne plus suivre ?…

La vrai fausse tentative de réforme de l’assurance maladie de 2004 qui a instauré le système du parcours de soin, en voulant faire en plus l’économie des moyens pour le faire fonctionner de manière cohérente et efficiente, semble avoir plutôt échoué à engranger les belles économies escomptées.

La vrai fausse tentative de réforme de l’assurance maladie de 2004 qui a instauré le système du parcours de soin, en voulant faire en plus l’économie des moyens pour le faire fonctionner de manière cohérente et efficiente, semble avoir plutôt échoué à engranger les belles économies escomptées. L’idée que la seule mise en place du médecin traitant permettrait de soigner les finances de la Sécurité sociale a été récemment battue en brèche par la phrase assassine du docteur Arne Björnberg, directeur de recherche pour l’Indice européen des consommateurs de soins de santé. « Rien ne prouve que le filtrage de l’accès aux soins primaires permette de faire des économies » a-t-il sobrement déclaré (dommage toutefois d’offrir une nouvelle fois en pâture une réponse simple à un problème complexe !), commentant les résultats de l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé (Euro Health Consumer Index) établi à partir de « statistiques publiques et de recherches indépendantes » et réalisé par l’organisme Health Consumer Powerhouse. Mais hélas, plus grave que l’absence de résultats économiques : cette réforme sans conscience semble plutôt contribuer à détériorer la qualité de notre système de santé. Il y a quelques jours déjà, un nouveau classement de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), peu commenté dans les médias, faisait de la France le 12ème système de santé du monde… alors que notre pays a si longtemps caracolé en tête. De même, l’Indice européen des consommateurs de soins de santé (EHCI) avait dans sa dernière version classé la France en troisième position (sur 31 pays) : elle vient de chuter à la dixième place.

Développement de l’informatique : pas mieux qu’en Bulgarie !

Toujours en ce qui concerne les résultats de l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé (Euro Health Consumer Index) établi à partir de « statistiques publiques et de recherches indépendantes » et réalisé par l’organisme Health Consumer Powerhouse.

Toujours en ce qui concerne les résultats de l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé (Euro Health Consumer Index) établi à partir de « statistiques publiques et de recherches indépendantes » et réalisé par l’organisme Health Consumer Powerhouse. Pour chaque état, 34 indicateurs de performance sont passés au crible, dans six catégories : l’information et le droit des patients, l’informatisation des données, les délais d’attente, les résultats, la fréquence et l’accès à certains soins et les médicaments. Chaque indicateur est affublé d’un nombre de points, le total étant de 1 000 et la France ayant engrangé 695 points. Des 31 pays étudiés, les Pays Bas sont les grands gagnants. C’est notamment dans le domaine de l’informatisation que l’hexagone accuse un important retard par rapport à ses voisins européens : aucun transfert des informations médicales et aucune prescription informatisée n’y ont cours à la différence du Danemark, champion en la matière. Notre pays connaît dans ce domaine un niveau similaire à celui de la Bulgarie (28ème du classement), Chypre (21ème) ou l’Estonie (11ème), mais n’est guère plus à blâmer que certains pays par ailleurs mieux notés que lui comme l’Allemagne (6ème au classement général mais seulement la moyenne en informatique), le Luxembourg (4ème) ou l’Autriche (3ème).

Les soins dentaires : plombés !

Plus inquiétant sont les résultats de l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé ayant trait aux médicaments…

Plus inquiétant sont les résultats de l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé ayant trait aux médicaments : l’action de la France concernant l’accès aux produits innovants est considérée comme faible, tandis que le développement de nouvelles thérapies contre le cancer est jugé moyen. Dans ces différents domaines, la France est bien loin derrière l’Autriche, qui se hisse en haut du podium en la matière ou la Suède (7ème au classement général) qui obtient presque un sans faute. La qualité des services laisserait également à désirer dans nos contrées. La vaccination et la transplantation rénale sont les points forts de l’hexagone, mais des progrès restent à faire concernant le nombre d’opérations de la cataracte, le taux de mammographie et la transparence des honoraires médicaux. Enfin, le mauvais accès aux soins dentaires est pointé du doigt. Les Français auraient tout intérêt à soigner leurs dents aux Pays-Bas qui jouit comme dans les autres domaines d’excellents résultats en la matière, tandis qu’encore une fois des pays comme la Bulgarie, Chypre et l’Estonie n’ont pour les soins dentaires rien à nous envier !